Nadia Azoug : le temps long et l’implantation, c’est la clé de la victoire !

Portrait

Notre écologie se raconte dans les idées mais aussi dans les villes, au contact des habitantes et habitants, à travers des choix parfois difficiles, souvent courageux. Dans la série Nos Batailles, nous partons à la rencontre de celles et ceux qui nous inspirent. Parce qu’ils montrent, chacun à leur manière, qu’une autre façon de faire de la politique existe déjà. Cette fois, on part à Pantin, en Seine-Saint-Denis, à la rencontre de Nadia Azoug. 

Il y a des responsables politiques qui parlent volontiers d’engagement. Et puis il y a ceux dont le parcours raconte une histoire plus simple : ils n’ont jamais vraiment fait autre chose.

Chez Nadia Azoug, il est difficile de trouver le moment où tout commence. Est-ce la jeune femme qui rejoint, à vingt ans, la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 ? L’animatrice associative qui passe des années dans les quartiers populaires ? La militante de la solidarité internationale ? Ou l’élue qui, aujourd’hui, partage son temps entre Pantin et le département de la Seine-Saint-Denis ?

Sans doute un peu tout cela à la fois.

Ecobul et La Butinerie : l’écologie du quotidien à Pantin

À Pantin, son nom revient souvent lorsqu’on parle de projets qui relient les gens. Ecobul, d’abord, cette association qui fait de l’écologie un sujet du quotidien : mieux manger, mieux habiter, mieux consommer, mieux vivre dans sa ville. Puis La Butinerie, cet espace devenu familier pour beaucoup d’habitants, où l’on cuisine, où l’on apprend, où l’on répare, où l’on échange. Un endroit où l’écologie cesse d’être un discours pour devenir une pratique. Ce fil ne s’est jamais rompu.

Du terrain au conseil municipal : une même question

Lorsqu’elle entre au conseil municipal, Nadia Azoug n’abandonne pas le terrain. Elle y apporte ce qu’elle y a appris. Les réunions publiques remplacent les assemblées associatives, les délibérations prennent le relais des initiatives citoyennes, mais la question reste la même : comment rendre une ville plus agréable à vivre pour celles et ceux qui y habitent déjà ? Cette façon de faire dit peut-être quelque chose de l’écologie populaire.

Une écologie populaire qui dépasse les pistes cyclables

À Pantin, l’écologie n’est pas seulement une affaire de pistes cyclables ou de plantations, même si elles comptent. Elle parle aussi d’alimentation, de santé, d’éducation, de pouvoir d’achat, de logements qui restent frais l’été, d’espaces où l’on peut se rencontrer. Elle considère qu’une ville est un écosystème humain avant d’être une addition de politiques publiques.

L’enfance en Seine-Saint-Denis : l’écologie commence avec les humains

Depuis 2021, Nadia Azoug est aussi vice-présidente du département de la Seine-Saint-Denis chargée de l’enfance. Là encore, le sujet pourrait sembler éloigné de l’écologie. Il ne l’est pas vraiment. Car protéger les enfants, accompagner les familles les plus fragiles, prévenir les ruptures de parcours ou réduire les inégalités dès les premières années de la vie, c’est déjà préparer le monde dans lequel nous voulons vivre. L’écologie populaire ne commence pas avec les arbres. Elle commence avec les êtres humains.

Municipales 2026 à Pantin : le choix de l’union et de la continuité

Puis vient 2026.

À Pantin, les élections municipales s’annoncent incertaines. Les lignes bougent, les fidélités aussi. Dans ces moments-là, la politique aime les démonstrations de force et les repositionnements spectaculaires. Nadia Azoug choisit une autre voie. Avec les écologistes pantinois, elle fait le pari de la continuité, de l’union et du travail collectif. Non par goût du compromis pour lui-même, mais parce qu’elle considère que gouverner une ville demande d’abord de la constance. Quelques mois plus tard, les électeurs reconduisent cette majorité. Depuis mars 2026, les écologistes n’ont jamais été aussi bien représentés à Pantin.

Une implantation locale qui se construit dans la durée

On pourrait raconter cette victoire comme un épisode de plus dans l’histoire politique de la gauche francilienne. Ce serait passer à côté de l’essentiel.

Ce que raconte Pantin est plus discret. Une implantation locale ne se construit pas pendant une campagne électorale. Elle se construit pendant des années, parfois des décennies. Dans les associations, dans les écoles, dans les conseils de quartier, dans les lieux où l’on croise les habitants bien avant de leur demander leur voix.

Le parcours de Nadia Azoug rappelle cette évidence. Les élections passent. Les villes, elles, restent. Et celles et ceux qui les transforment le plus durablement sont souvent ceux qui ont commencé par les écouter.

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Le portrait fait partie de notre série Nos batailles. Dix visages, dix territoires, une même conviction : l’écologie populaire existe déjà en Île-de-France. Elle doit désormais rassembler, protéger, réparer et gagner.