Anne Souyris : faire entrer l’écologie là où le pouvoir résiste !

Portrait

L’écologie populaire doit se battre partout : dans les quartiers, les villes, les associations, mais aussi dans les institutions qui préfèrent souvent que rien ne bouge.

Une expérience de terrain

Journaliste puis enseignante, Anne s’est engagée très tôt là où peu de politiques regardaient : la lutte contre le sida et l’obésité, l’accès aux droits des sans-papiers, des travailleur·se·s du sexe, des usager·e·s de drogues, des plus précaires. Du militantisme de terrain, qu’elle n’a jamais quitté.

Adjointe à la santé de Paris : traiter les causes, pas seulement les conséquences

Adjointe à la santé de la Ville de Paris pendant près de 10 ans, Anne poursuit cette route en menant des politiques concrètes : elle porte la première salle parisienne de consommation à moindre risque, ouverte dans le 10e arrondissement en 2016 malgré les résistances, où en 3 ans, 180 000 consommations ont eu lieu dans cet espace sécurisé plutôt que dans la rue. Elle défend une santé environnementale qui traite les causes plutôt que de se contenter de soigner les conséquences. Des combats souvent minoritaires au moment où elle les mène, qui font leurs preuves avec le temps.

Au Sénat, les mêmes combats, une nouvelle arène

Le Sénat est une institution à part entière. Ses 348 membres sont élus pour six ans, à l’abri du suffrage universel direct, dans une chambre historiquement dominée par la droite et le centre, où les équilibres bougent lentement. Y entrer en tant que femme écologiste, c’est déjà une conquête.

Anne est élue sénatrice de Paris en septembre 2023 avec une ambition claire : faire du Sénat une chambre de combats pour l’écologie et la justice sociale. À la commission des affaires sociales, elle dépose des textes qui disent cette cohérence :

  • En 2024, une proposition de loi pour lutter contre le plomb dans l’environnement : un poison sans seuil, qui frappe d’abord les enfants des quartiers populaires.
  • En 2025, un rapport sur les opioïdes, pour anticiper une crise sanitaire avant qu’elle ne devienne une catastrophe, ou encore une proposition de loi pour garantir le droit de visite des parlementaires dans les lieux de privation de liberté, parce que la dignité ne s’arrête pas à la porte des prisons.
  • En 2026, une proposition de loi pour une reconnaissance effective des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses du sexe.

Défendre les soins de proximité, du SEC-Pa au Centre Amado

Et quand, en début d’année 2026, l’État annonce brutalement la fin du financement des Structures d’Exercice Coordonné Participatives (SEC-Pa), ces centres et maisons de santé à gouvernance partagée, organisant collectivement les soins, impliquant les habitant·es, réduisant les déserts médicaux, Anne, avec notamment Antoine Alibert qui est également membre de notre équipe de L’Heure des Choix, se mobilisent avec les soignant·es de terrain, notamment celles·eux de la Maison de Santé Pyrénées-Belleville dans le 20e arrondissement de Paris, motrice dans les mobilisations pour la pérennisation du dispositif. Le financement est finalement maintenu pour 2026. Une victoire discrète, typique de ce que l’écologie politique peut accomplir quand elle s’ancre dans le réel.

Cette semaine encore, Anne était aux côtés des professionnel·les du Centre Amado lors de leur rassemblement. Les structures de proximité à taille humaine sont indispensables : elles créent du lien, assurent un accompagnement dans la durée et portent une approche profondément humaine de la santé mentale. Elle y était pour défendre et soutenir le maintien des 6 lits du Centre Amado, aujourd’hui menacés, ainsi que, plus largement, celui des structures de la psychiatrie de secteur.

Une écologie qui bouscule les institutions

C’est cette écologie-là, celle qui n’oublie ni l’économique, ni le social, ni les corps les plus exposés, qu’Anne porte dans une institution qui préfère souvent l’immobilisme. Et qui, pour cette raison, a encore plus besoin qu’on la bouscule. C’est cette écologie-là que nous souhaitons porter avec l’équipe de L’Heure des Choix. Une écologie qui s’adresse à toutes et à tous, partout en Île-de-France.

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Le portrait fait partie de notre série Nos batailles. Dix visages, dix territoires, une même conviction : l’écologie populaire existe déjà en Île-de-France. Elle doit désormais rassembler, protéger, réparer et gagner.